Abstract:
L’évaluation des apprentissages en contexte de formation en art est un espace de tensions à plusieurs niveaux : tension entre la reconnaissance de la valeur d’un produit, d’une production, voire d’une oeuvre créée par l’étudiant à partir d’un référentiel de formation et la reconnaissance anticipée de la valeur de cette production dans le cadre d’une relation esthétique avec un public potentiel, à partir d’un référentiel professionnel. Cette dualité des objets et des perspectives d’évaluation s’appuie sur une dualité de posture, l’enseignant étant fréquemment lui-même un artiste en plus d’être un enseignant, un potentiel « consommateur » de produits culturel, voire un potentiel employeur (Regnard, 2010). Afin d’interroger cet espace de tensions, nous présentons le cas d’un enseignant, ancien professionnel des plateaux de production, oeuvrant dans un programme collégial technique en Technologie des médias. L’analyse des propos de l’enseignant, recueillis par le biais d’une entrevue semi-dirigée, nous permet de constater que celui-ci ne vit pas de tensions spécifiques. Premièrement, il assume pleinement la part de subjectivité dans ses évaluations, s’appuyant notamment sur son expérience professionnelle qui lui permet de regarder les productions des étudiants avec un oeil critique, les préparant ainsi à la réalité qui les attend. Cette posture, explicite, semble favoriser l’acceptation de son jugement par les étudiants qui comprennent qu’il leur propose d’agir comme un aidant, réagissant différemment en fonction des projets de chacun, mais émettant un jugement tout au long de leur formation.